Pour parler de la diversité de ses écrits, Georges PEREC dans "notes sur ce que je cherche", se compare à un paysan qui ferait pousser dans un champs des betteraves , dans un autre de la luzerne et dans un troisième du maïs. J'aime assez cette comparaison que je trouve pratique pour illustrer l'intéret que je peux porter simultanément à plusieurs pistes de travail , toutes ces pistes convergeant vers un seul point qui serait l'idée que je me fais de la céramique actuelle ; Une expression libérée de l'idée de "savoir faire", ou du moins, éloignée d'une "faŤon de faire" récurente, une céramique privilégiant le sens et l'expérimentation, une pratique aventureuse et prospective.Il me semble qu'il faille tenir une position loin de la ma”trise des choses et plus curieuse des résultats possibles, disponible à tout écart, à toute digression, s'éloignant de l'idée même de production, se rapprochant peut-être de la contemplation...
Je dois faire... acceptant que la matière même m'entraine dans la pensée, refusant l'idée de l'artiste démiurge, créateur de chef d'oeuvre hiérarchisant ainsi les rapports au public ou le reléguant au rang d'admirateur. La rencontre ne peut se faire que dans l'idée d'égalité. Le travail, pour Ťa, ne doit pas être porteur de prouesses techniques, il doit simplement parler de soi, profondément, sincèrement, parler de ses errances , de ses doutes , de sa difficile humanité. parler de la solitude: Nous nous devons de faire ce choix pour acceder à la singularité même de l'oeuvre. . Le manque de courage ici ne peut que nous entrainer vers la médiocrité.... Cette idée de la solitude face au monde me semble être le fondement de l'acte artistique.
Tout travail devrait être une tentative de l'individuel vers l'universel Entre la pensée et la nature même des choses , entre l'intellect et le sensible, loin des théories. Une constante recherche d'un point de départ juste et sans concession qui parlerai réellement de moi et non pas de l'idée que je me fais de moi-même. "plus qu'une matière à modeler, la terre est une matière à penser" et la travailler, c'est déjà réfléchir... avec les mains... tentacules intelligents, prolongations sensibles du cerveau. C'est surtout se positionner face au monde, face aux lecteurs bien sùr mais aussi face aux autres artistes... face àl'histoire. D'une manière générale je peux dire que mes travaux partent de quatre préoccupations principales
Bien sžr ces pistes ne sont pas aussi nettes que Ťa, et la plupart des travaux pourrait être classée dans plusieurs de ces familles ... certains même dans toutes. Si l'on considère cette classification comme issue du contenu, la forme elle, prend deux chemins principaux
Philippe Godderidge